Alvéol Bellac : transfert des pneus du site Wattelez

Alvéol Bellac : transfert des pneus du site Wattelez (Le Palais sur Vienne) où en sommes nous ?

 

Durant l'été le collectif '' environnemental'' créé à Bellac pour contester l’enfouissement des déchets caoutchouteux à Alvéol a mené plusieurs initiatives sans que l'on puisse bien comprendre quel est l'objectif réel poursuivi.

 

Au départ, le site Alvéol était prévu pour recevoir 30 000 tonnes par an d'ordures ménagères des communes de la Haute-Vienne hors Agglomération de Limoges, et les déchets ultimes issus des déchetteries et de différentes activités économiques. Mal conçu, le traitement des ordures ménagères a généré des pollutions et odeurs incontrôlables. Ce fut un échec total dénoncé par les associations unanimes. Le 24 mai 2012, sous l'injonction de la préfecture, le Comité syndical (SYDED) a enfin décidé l'arrêt des envois des ordures ménagères à Bellac, redirigées sur l'incinérateur de l'agglomération de Limoges/Le Palais provoquant un fonctionnement à capacité maximum de l'incinérateur.

 

Depuis cette date 2012, et bien avant que la question des déchets Wattelez ne se pose, le site a été réorganisé pour enfouir les déchets non valorisables, non-dangereux, non-fermentescibles issus soit des activités économiques soit des déchetteries. Actuellement et pour 30 ans, sous contrôle de la puissance publique le site peut recevoir plus de 1,6 millions de tonnes de déchets pouvant venir de toute la haute-Vienne et même des départements limitrophes (arrêté préfectoral du 26 juillet 2016). L'objectif est de supprimer toutes les décharges sauvages, c'est une démarche que nous soutenons.

 

Aujourd'hui le site surveillé et contrôlé répond-il aux exigences environnementales? Oui, comme on a pu le constater lors de la dernière CSS (Commission de surveillance) du 27 janvier 2017 pour la partie stockage des produits non recyclables, même si des problèmes demeurent, liés au stockage des ordures ménagères de 2009 à 2012

 

Alors qu'en est-il des 60000 tonnes de déchets caoutchouteux de Wattelez abandonnés sur les 25 ha du site depuis 25 ans ?

 

Le consortium Wattelez, durant ces 25 ans, a utilisé toutes les procédures judiciaires pour essayer d'échapper à ses obligations de dépollution du site de l'usine Wattelez qu'il a exploité pendant plus de 70ans . En bord de Vienne, les terres ont été polluées, entre autres, par le fonctionnement de l'usine et les produits utilisés par Wattelez pour récupérer le caoutchouc des pneus, bottes, chaussures... A proximité d'une cité HLM, en 25ans, c'est devenu un terrain de jeux extrêmement dangereux (paintball et airsoft), sources d'incendies, accidentels ou volontaires ... Ce terrain doit être dépollué impérativement.

 

En 2015, la justice a tranché : le Conseil d’État, sans aucun recours possible a reconnu Wattelez responsable de la pollution du site et sommé ce dernier, sans aucun délai de nettoyer le site ; les bâtiments de l'usine ont été démolis en 2016, une étude d'ANTEA commandée par l'Agglomération de Limoges, complétée par une étude de Suez ont répertorié, sur plus de 500 pages, une description détaillée de la pollution des sols et les tas de déchets caoutchouteux qui doivent être enlevés avant tout traitement du site.

 

Ce qui ressort des études :

  1. Alliapur, l'organisme chargé par l'Etat de résorber sans enfouissement les stocks historiques de pneus a retenu 65 sites en France, mais pas celui de Wattelez jugé non recyclable compte tenu de l'état des déchets.

  2. 12 cimenteries en France sont habilitées à brûler les pneus non recyclables, mais transformables en énergie. Contactés (sous le contrôle de la DREAL), les cimentiers qui doivent répondre à une charte précise, jugent que les déchets caoutchouteux du site Wattelez ne peuvent pas être valorisés en cimenterie .

N'étant ni recyclables ni valorisables énergétiquement, que faire de ces déchets ?

  1. La proposition alternative mise en avant par le collectif de riverains de Bellac.

 

Échaudés par les débuts calamiteux du site (quand y furent stockées les ordures ménagères), les habitants des environs d'Alvéol veulent de vraies garanties pour ne pas revivre le cauchemar et ils ont cherché si d'autres solutions que l'enfouissement des pneus n'étaient pas possibles, d’où la présentation d'un procédé par thermolyse :différent de l'incinération, il s'agit d'une décomposition chimique ou d'une réaction entraînant la rupture de molécules pour donner des composés moins complexes (on part de pneus pour aboutir à du carbone), mais, mal maîtrisé, un emballement de la réaction est possible et peut conduire à une explosion ; un tel système qui n'existe pas en France doit répondre à des exigences techniques et à des sécurités françaises dont les normes sont à créer pour être validé; de plus comme il y a risque d'explosion, un plan de prévention de risque technologique devrait être mis en place, ce sont plusieurs années de travail qui seraient nécessaires pour valider un tel processus industriel, cela demanderait ensuite de trouver un terrain pour construire une telle installation et surtout un financement important qui n'existe pas actuellement.

 

Bref cette solution pour les 60000 tonnes de pneus n'est pas raisonnable et ne correspond pas à l'exigence fixée par la justice à la famille Wattelez de dépolluer le site dans les meilleurs délais.

 

  1. les déchets caoutchouteux entrent dans la catégorie des déchets non valorisables, non-dangereux, non-fermentescibles et issus d'une activité économique.

 

La seule solution sérieuse reste le stockage en décharge contrôlée, de type Alvéol adapté pour recevoir ce type de produit.

 

  1. La DREAL a procédé à des essais le 15 décembre 2016 et a présenté à la CSS du 27 janvier 2017 les résultats de ces essais (bonne densité, équipements et installation d'Alvéol avec sa capacité de 1,6 millions de tonnes de stockage, adapté pour accueillir les 60 000 tonnes de déchets) ; le parcours entre Le Palais sur Vienne et Alvéol a été étudié afin d'éviter les axes routiers chargés, notamment la RN147.

  2. Au vu de ces éléments, il faut aller au bout d'une logique : en n'acceptant pas des produits qui correspondent aux critères d'enfouissement d'Alvéol, cela revient à demander la fermeture totale du site - ce qui est un autre débat, mais qui semble être bien le débat mené par certains membres du collectif de Bellac, auquel cas, chez quels voisins doit-on construire un nouveau site Alvéol indispensable dans le département pour éviter les décharges sauvages ?

 

BARRAGE qui s'est battu hier pour l'arrêt du dépôt des ordures ménagères sur le site Bellac à cause des pollutions créées non gérables et insupportables pour les riverains, comprend les interrogations des riverains échaudés par les débuts calamiteux d'Alvéol ; pour notre part, nous avons accepté que les ordures ménagères qui venaient à Alvéol soient brûlées à l'incinérateur Beaubreuil / Le Palais générant plus de pollution à maîtriser ; nous resterons attentifs, au sein de la CSS d'Alvéol, au respect, voire à l'amélioration de l’arrêté préfectoral du 25 juillet 2016 qui fixe les prescriptions rigoureuses et précises garantissant un bon fonctionnement du site et nous serons exigeants vis à vis du Syded pour tout ce qui peut améliorer la surveillance du site et le maintien en sécurité des installations.

 

NB: Contrairement à ce que l'on a pu lire dans la presse, Bellac n'est pas la poubelle du département (toutes les ordures ménagères du département arrivent à l'incinérateur de Beaubreuil) et les habitants du Palais ne sont pas des « bobos » (Au Palais, commune ouvrière, les ressources des gens sont parmi les plus faibles de l'Agglomération).

 

Soyons sérieux et responsables, travaillons ensemble pour imposer un fonctionnement contrôlé et irréprochable pour la gestion de tous les déchets que ce soit à Alvéol ou sur l'incinérateur Beaubreuil/Le Palais.

 

Des exemples de tas de déchets recensés dans l'étude d'ANTEA