Rencontre à la Préfecture

LGV Limoges Poitiers  : qu'y a-t-il de nouveau ?

Depuis plusieurs semaines nos grands élus de la Haute-Vienne (président du Conseil Régional, la présidente du Conseil Général de la Hte-Vienne et le maire de Limoges) font le forcing pour imposer l'idée que le projet LGV-LP se déroulait normalement suivant le calendrier initialement prévu. Cette affirmation nous a été renouvelée le jeudi 16 janvier lors d'une rencontre entre une délégation de la CRI (coordination des riverains et impactés par le projet LGV LP) et le secrétaire général de la Préfecture de la haute-Vienne, nous affirmant : ''le financement sera trouvé, la DUP (déclaration d'utilité publique) sera publiée au plus tard début 2015, les travaux se dérouleront entre 2017/2022 et l'ouverture aux voyageurs 2023''

Ce qui est extraordinaire, c'est que pour sa démonstration le secrétaire général de la Préfecture reprend les arguments du Populaire du 15 octobre 2013, ce dernier s'étant fait l'écho d'une lettre reçue par le président du Conseil Régional le 7 septembre, dans laquelle le Président de la République aurait défini la feuille de route pour faire avancer la LGV Limoges-Poitiers. Comme le Populaire du 15 octobre le secrétaire général nie la position de l'Etat rappelée dans ce courrier du Président de la Républiqu

La position de l'Etat non prise en compte  :

 

chapitre 2 de la lettre du Président de la République

« La commission ''Mobilité 21 ( reprise par le 1er Ministre le 9 juillet) a proposé le report de ce projet (LGV Limoges-Poitiers) à l'horizon 2030/2050.../...Elle a estimé que les éléments dont elle avait pu disposer et les analyses comparatives des enjeux nationaux des différents projets ne lui permettaient pas de justifier un classement dans les premières priorités.

Elle estime par ailleurs que l'amélioration des circulations et des matériels des trains d'équilibre du Territoire (TET) qu'elle recommande sur l'axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse est de nature à renforcer les conditions de desserte des territoires concernés et à répondre en grande partie à leurs besoins de qualité de service pour leurs échanges.

Dans le prolongement de ces travaux, le Premier ministre a annoncé, le 9 juillet dernier, une enveloppe d'une trentaine de milliards d'euros, tous financements confondus, pour investir dans les grands projets prioritaires.../...

Puis est  venu l'affirmation que l'on trouve dans le Populaire du 15 octobre :

« La France ne tourne pas le dos à la très grande vitesse …/...les priorités nationales seront actualisées tous les cinq ans »

La feuille de route du Président Hollande (après lecture complète de la lettre)

  1. Report de ce projet (LGV Limoges-Poitiers) à l'horizon 2030/2050 puisqu'il n'est pas classé prioritaire dans les enjeux nationaux

  2. L'axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse rénové (infrastructures et matériel) est de nature à répondre en grande partie aux besoins des Limousins en terme de qualité de service pour leurs échanges.

  3. Si vous le voulez, vous pouvez ( les collectivités intéressées au projet) essayer de financer seuls par l'emprunt et en concentrant toutes vos aides européennes au développement économique à ce projet, mais l'Etat ne juge pas la LGV Limoges-Poitiers prioritaire au vu des enjeux nationaux et ne la financera pas.

Nous sommes loin du soutien sans faille annoncé de la part du Président de la République,

La Commission « Mobilité 21 » a été chargée d’examiner les 245 M d'€ d’investissements figurant dans le projet de schéma national des infrastructures de transports (SNIT) élaboré en 2011. Ses conclusions ont permis de définir, en juillet dernier, les bases de la nouvelle politique des transports du gouvernement qui a été présentée par le Premier Ministre JM Eyraut en juillet 2013 et qui sera mise en œuvre au cours des prochaines années.

C'est d'abord la priorité à l’amélioration durable des réseaux existants – routiers, ferroviaires et fluviaux - afin d’assurer une meilleure qualité de service, de régularité, de confort, de sécurité pour les usagers et de permettre à tous les territoires de bénéficier de transports performants.

Pour traduire concrètement cette priorité, un grand plan de modernisation du réseau ferroviaire, après des années de sous-investissement chronique, a été établi. Il permettra de poursuivre l’effort de renouvellement et de modernisation du réseau, actuellement de 2,5 M d'€ par an, en le concentrant sur les lignes où la circulation est la plus dense et sur les nœuds ferroviaires les plus contraints.

L'accident de Brétigny/Orge illustre tristement la justesse nécessaire de cette orientation.

La proposition des trois ''Grands'' élus haut-Viennois :Pour la 1ère fois en France une ligne ferroviaire nationale serait financée par les collectivités locales à la place de l'Etat

Ils chargent un cabinet financier de réaliser le montage pour financer les 2,5 à 3 milliards du projet LGV Limoges-Poitiers (chiffre RFF : 2,4M valeur 2019, donc plus à prévoir pour une réalisation en 2022 ou en 2030/2050 !) ; plusieurs pistes sont proposées : les collectivités intéressées, un Emprunt auprès de la Caisse des dépôts, la Banque publique d'investissement (BPI) présidée par Ségolène Royal, la mobilisation des fonds des contrats Etat-Région, et d'éventuels fonds Européens. Un emprunt de 2 milliards sur 50 ans coûterait de 70 à 80 millions d'euros par an aux contribuables que nous sommes !

Actuellement, 4 collectivités ont annoncé, par délibération, leur volonté de participer au financement du Projet (C Régional du Limousin, C Général de la Hte-Vienne, Agglomérations de Limoges et de Poitiers). Il leur faudrait assurer le financement de la totalité du projet...

(Sur le Projet Tours-Bordeaux, la répartition approximative est : l'Etat, RFF 40%, Vinci 30%, l'Europe 8% et le reste environ 22% assuré par 57 collectivités)

Dans la Région qui a la population la plus pauvre de France, alors que toutes les études retenues par la Commission 21 montre que l'amélioration des circulations et des matériels sur l'axe Paris-Orléans-Limoges-Toulouse est de nature à répondre en grande partie aux besoins des Limousin, nos édiles proposent d'endetter tous les Limousins à un niveau sans précédent .

Si la proposition était retenue, tous les citoyens paieront des sommes exorbitantes pour faire gagner quelques minutes à quelques uns !