LGV : Périgueux s'interroge

LGV : Périgueux s'interroge

SUD OUEST Publié le 31/10/2013

 

TGV : faut-il encore passer par Limoges ?

Pour rallier Paris plus vite, faut-il encore miser sur l’axe limousin ou repenser la piste bordelaise ?

C’est la Toussaint, mais l’idée de rapprocher Périgueux de Paris n’est pas encore enterrée. Le maire n’a pas fini de faire la tournée des décideurs pour obtenir l’électrification de la voie Périgueux-Limoges, pour des trains directs vers Paris et plus rapides. Il veut obtenir l’inscription de l’électrification au contrat de plan État-Région 2014-2020. Le chantier est estimé à près de 200 millions d’euros. Sauf que le gouvernement a relégué le projet de barreau LGV entre Limoges et Poitiers aux années 2030-2050. Le projet aurait placé Paris à 2 heures de Limoges, donc à environ 3 heures de Périgueux - contre 4 h 30 à 5 heures actuellement. Du coup, la décision gouvernementale a rallumé illico les partisans d’une électrification de la portion Périgueux-Coutras, sur l’axe Périgueux-Bordeaux.

L’argument, notamment porté par le collectif Devlop’SO, est qu’au moins, à Bordeaux, la LGV n’est pas menacée et son chantier se termine d’ici à 2017. Et que c’est une voie double, donc plus pratique pour organiser un cadencement intéressant. Enfin, puisqu’elle passe par Mussidan, le Bergeracois et le Ribéracois seraient aussi concernés. « Il faut renoncer » à l’axe Limousin, dit carrément Devlop’SO. Selon l’association, l’aménagement par Coutras coûtera moins cher (127 millions d’euros), positionnera Périgueux à 3 h 10 de Paris et améliorera les échanges avec la capitale régionale.

Gain de temps

Les municipales pimentent le débat, mais il a été tranché par le préfet en 2012. En faveur de Limoges. Surtout parce que la LGV y était encore en projet, clament les pro-Coutras, agacés par ce tropisme limousin de Périgueux. Un « axe historique », défend le député Pascal Deguilhem. Qui n’adhère pas à l’argument d’un trajet plus idéal par Bordeaux : « L’électrification n’amène pas un vrai gain de temps. » L’investissement sur cet axe ne garantirait donc rien de bien neuf. Le député attend aussi les crédits promis par le gouvernement pour « améliorer les voies secondaires » - dont la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt), autre enjeu pour rapprocher Paris de Limoges. Pour obtenir des moyens, il faudrait continuer à faire politiquement bloc avec le Limousin. Et choisir Coutras « risque de renforcer l’idée qu’on abandonne » Limoges.

ADRIEN VERGNOLLE

ecotaxe ou lgvmania taxe ?

lgvmaniaLa suspension de l’écotaxe va avoir des conséquences financières sur le budget de l’État. L’écotaxe devait, en effet rapporter 1,15 milliard d’euros par an. Le produit de l’écotaxe, si la suspension venait à se prolonger, serait compensé par des économies, a précisé hier le rapporteur au budget à l’Assemblée, le député PS Christian Eckert. De quelles économies s'agit -il ?

Ecotaxe ou pompe à fric au profit d’intérêts privés ?

Surtout la suspension va déclencher une clause du contrat liant l’État à la société Ecomouv’, un groupe contrôlé par la société italienne Autostrade per l’Italia (70 %) puis par Thales (11 %), SNCF (10 %), SFR (6 %), et Steria (3 %). Créée de toutes pièces dans le cadre d’un partenariat public-privé, Euromouv’a conçu et installé les portiques, ainsi que tout le dispositif de collecte de l’écotaxe sur tout le territoire. La société indique que le montant des investissements déjà engagés et les frais financiers s’élèvent entre 800 millions et un milliard d’euros ; des sommes que l’État devrait rembourser en cas d’abandon du projet.

Ecotaxe ou LGVmania taxe ?

La suspension de l’écotaxe va empêcher la réalisation de plusieurs projets. Car le produit de cette taxe écologique devait financier des infrastructures de transports et par exemple la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Tououse. En effet, l’intégralité de la part revenant à l’État (750 millions d’euros pour les kilomètres parcourus sur les routes nationales) devait être versée à l’agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Ces sommes devaient servir à la construction d’infrastructures de transport, en particulier des infrastructures de modes de transport plus durables (voies ferroviaires, fluviales…).

Le rapport de la commission Mobilité 2000 préconisait une mobilisation des investissements financiers pour l’entretien et la modernisation du réseau et du matériel ferroviaire existant. Passant outre ses premières déclarations raisonnables, le gouvernement venait justement de céder à la pression des grands élus lgvmaniaques du Sud Ouest pour remettre sur les rails le projet pharaonique et inutile des LGV GPSO.

 

Au moment où l’économie française est asphyxiée par un trop plein de taxes, cette relance de réalisations de nouvelles LGV tombait comme un cheveu dans la soupe. Le gouvernement laisse l'impression d'être  un danseur d'opérette ... un pas en avant, un pas sur le côté, un pas en arrière, un pas l'autre côté, politique de bricolage et de bafouillage.

LGV : jeux de dupes

LGV financement boucléLGV : le gouvernement cède

Suite au rapport de la commission Mobilité 21, après des mois de pressions exercées par les grands élus locaux des Régions Aquitaine et Midi-Pyrénées en faveur de la LGV SEA et dernièrement en faveur du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO), le Gouvernement vient de fléchir sa position concernant sa politique de développement des transports ferroviaires, en annonçant un objectif de réalisation des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse avant 2024, avec début des travaux en 2018, et de la section Bordeaux-Dax avant 2027. Une seconde phase sera, quant à elle, constituée de la ligne nouvelle entre Dax et la frontière espagnole avec l'objectif d'une mise en service au plus tard à l'horizon 2032, en fonction de la saturation de la ligne existante.

Le gouvernement outrepasse les recommandations du rapport de la commission Mobilité 21, dont il avait auparavant loué le sérieux. Il franchit ainsi la ligne rouge qu’il avait lui-même dénoncer du précédent gouvernement de Nicolas Sarkozy, celui d’un Schéma National des Infrastructures de Transport irréaliste car non finançable.

Malgré tout, il se prend toujours au sérieux.

« "Par la décision que nous prenons, nous avons un calendrier sérieux. Un dispositif qui est financé et qui permettra d'être soutenable." » déclare sur France Bleu Gironde Frédéric Cuvillier ministre des transports

Assurer le financement de la LGV Tours Bordeaux

Alain Rousset ( Région Aquitaine) et Martin Malvy (Région Midi Pyrénées) en appellent à l'ensemble des collectivités concernées pour qu'elles reprennent le versement de leur part de financement dans le projet de ligne à grande vitesse en cours de construction entre Tours et Bordeaux. Son financement devra d'ailleurs être optimisé et faire appel à des solutions innovantes. « Tout est désormais en place, a déclaré Martin Malvy, en rappelant son soutien au projet de GPSO dans son intégralité, c'est-à-dire sa prolongation au Sud de Bordeaux vers l'Espagne ».

Lire la suite : LGV : jeux de dupes

le POLT c'est maintenant !

Le POLT c'est maintenant

Mercredi, lors de la séance hebdomadaire de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la députée du Lot Dominique Orliac (PRG) a interpellé le ministre délégué aux transports Frédéric Cuvillier à propos de la modernisation de la ligne ferroviaire Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT).

 
Après avoir insisté sur « les retards pris sur cette ligne depuis des décennies » et marqué sa préférence pour l'emploi de rames TGV rénovées dès 2015 (du matériel roulant neuf repousserait encore les délais de mise en oeuvre), l'élue s'est exclamée « Le POLT c'est maintenant ! », avant de demander au ministre un éclairage sur ses choix futurs.
 

« La ligne POLT est un enjeu majeur pour le désenclavement du territoire », a répondu Frédéric Cuvillier. « Et d'ores-et-déjà, je peux vous annoncer que 70 millions d'euros ont été consacrés en 2013 pour éviter cette dégradation continue ces dernières années faute d'investissements. [...] La politique du gouvernement est claire sur le transport, rompant avec ce qui a été fait par le passé, c'est à dire, le maintien et la modernisation de l'existant. [...] D'ici 2025, toutes les lignes TET (trains d'équilibre du territoire) seront avec du matériel roulant renouvelé. »

extrait du Populaire du Centre

 

Abandon du projet LGV

L'assemblée générale annuelle des maires de la Creuse s'est tenue le 12 octobre  à la mairie de Guéret.
Plus de 200 maires et adjoints de la Creuse y ont participé.

Tout comme les élus du conseil général, les maires creusois ont voté à l'unanimité une motion pour demander : - l'abandon du projet de barreau TGV entre Limoges et Poitiers - une inscription du POLT dans le schéma national des infrastructures de transport - une amélioration de la qualité de service dès 2015 sur la ligne POLT - et un raccordement du POLT au projet de TGV POCL (Paris-Orléans-Clermont-Lyon) au sud de Vierzon.

extrait d'un article de France 3

 

Conclusions :

Flagrant délit d'autisme politique des grands élus limogeauds

La bataille du rail prend des allures de combat de Don Quichotte contre les moulins à vent.

Les trois grands élus limogeauds (Jean Paul Denanot CR, Maire Françoise Perol Dumont CG 87, Alain Rodet député maire et président communauté d'agglomération de Limoges) lancent un appel d'offre pour qu'un cabinet recherche les possibilités de financement du projet LGV Poitiers Limoges, (article France 3)  et continuent de faire payer à leurs contribuables le financement du tronçon LGV Tours Bordeaux .... comme s'ils n'avaient pas compris la réorientation de la politique ferroviaire du gouvernement, et qu'ils n'avaient pas entendu l'exaspération grandissante dans la population limousine envers cette politique autiste du cartel limogeauds.