VALDI pourquoi une telle fermeture programmée ?

VALDI pourquoi une telle fermeture programmée ?

 

© D.R. - Lingots obtenue avec le recyclage de catalyseurs de raffinage de pétrole dans la société Valdi 
 Lingots obtenue avec le recyclage de catalyseurs de raffinage de pétrole dans la société Valdi

Au cours du CE extraordinaire organisé ce mardi 7 octobre 2014 à l'usine valdi du Palais a été annoncée une restructuration complète des diverses entreprises du groupe Eramet.

Dans ce cadre, l’entreprise Valdi Le Palais (spécialisée dans la valorisation des métaux) cesserait ses activités au Palais sur Vienne et transférerait ses activités sur le site de Commentry.

Est-ce une situation acceptable ?

 

Depuis 2000 que VALDI s'est installé au Palais, suite à la fermeture de l'usine CGEP, l'association (BNE) BARRAGE NATURE ENVIRRONNEMENT a beaucoup travaillé sur les problèmes posés par les activités de l'usine, défendant aussi les biens, la sécurité des salariés et le bien vivre des riverains.

Avec une constance que certains nous ont reproché, inlassablement, mois après mois, nous avons soulevé les problèmes de sécurité, des risques de santé publique existants, du non respect des normes de rejet , par lettres, réunions avec la direction de l'usine, la Préfecture, ou lors de rencontres avec la DREAL et autres administrations... l'explosion du four de fusion en 2004 faisant 6 blessés parmi les salariés avait obligé toutes les parties concernées à prendre au sérieux nos questionnements .

Depuis 10 ans nous avons obtenu des réponses et des améliorations concrètes, comme la maîtrise et le suivi régulier des rejets polluants dans l'air, notamment pour le SO2 (dioxyde de soufre) rejet dangereux et cancérigène qui dépassait de 16 fois le seuil autorisé, la fin des rejets directs des eaux usées dans le ruisseau du Palais, la diminution du risque d'explosion du four, la réduction des bruits hors normes… Restait le problème des odeurs nauséabondes, à chaque ouverture du four qui a été réglé en juillet 2014 par la couverture de la fosse de laitier permettant le captage et le traitement des odeurs soufrées.

Pour cette mise en conformité avec la loi, VALDI a dû investir des sommes importantes sur le site du Palais rien qu'en 2013 et 2014 : la fiabilisation du four de grillage – l'amélioration des traitements des gaz de calcination - sécurisation de l’accès du four de fusion – captage et traitement des odeurs – réfection du réseau électrique – mise à niveau de l'informatique industrielle.

Bref, aujourd'hui, VALDI respecte les normes, c'est une usine qui recycle des produits de la métallurgie et de la pétrochimie ( catalyseurs) pour récupérer des métaux nobles servant notamment pour les aciers spéciaux.

ERAMET propriétaire de VALDI connaît les enjeux

Eramet avec un chiffre d’affaires de 3,45 milliards d'euros en 2012, est présente sur 5 continents, avec un effectif de 15000 salariés sur 57 sites. Eramet est une entreprise française devenue un des principaux producteurs mondiaux de métaux d’alliages, notamment le nickel et le manganèse, utilisés pour améliorer les propriétés des aciers pour de nombreuses industries telles que l’aéronautique, la production d’énergie et les outillages.

A travers sa filiale GCMC, ERAMET s'est placé au premier rang mondial pour le recyclage des catalyseurs dont le rôle est de capter les métaux lourds et le soufre lors du raffinage du pétrole (en fin de vie le catalyseur est un déchet dangereux). En 2005, GCMC s'est également développée dans la métallurgie à travers la prise de participation à 100 % dans Bear Metallurgical, société de conversion d'oxydes de molybdène et de vanadium en alliages de ferromolybdène et de ferrovanadium.

En 2010, ERAMET a renforcé ses positions en faisant l’acquisition de Valdi, spécialisée entre autres dans le recyclage de ces mêmes catalyseurs prenant ainsi une position leadeur dans ce domaine.

ERAMET joue au monopoly

L'entreprise VALDI s'est techniquement développée, des investissement importants y ont été réalisés, son activité de recyclage et de récupération de métaux rares correspond à des besoins pour l'avenir, mais les actionnaires d'ERAMET n'en ont rien à faire, seuls leurs objectifs de groupe et la rentabilité à court terme l'emportent à leurs yeux. C'est lamentable.

C'est vrai que les cours mondiaux des métaux revalorisés par VALDI ont baissé de 30% entre 2010/2013, mais ces métaux comme le molybdène, le vanadium, le cobalt et le nickel récupérés à partir des catalyseurs du raffinage pétrolier... restent des produits dont les réserves sont en voie de disparition et dont le recyclage est indispensable.

Les salariés ont raison de saisir les élus décideurs et les pouvoirs publics : vont-ils accepter ce nouveau gâchis industriel sans réagir ?