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censurée par le peuple
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Une loi censurée par le peuple
Après que les sénateurs de l’UMP et du centre ont avalisé, vendredi soir, la réforme des retraites qui repousse de deux ans l’âge donnant droit à la retraite, le jeu de rôles s’est poursuivi lundi avec la réunion de la commission mixte paritaire (CMP). Ce groupe de sept députés et autant de sénateurs a constaté – ô miracle – que la droite sarkozyste au Sénat n’avait aucune divergence avec la droite sarkozyste
de l’Assemblée nationale. Ce 18-Brumaire au petit pied jette une lumière crue sur
le fossé qui sépare la droite toute acquise aux desiderata des marchés financiers, du monde du travail dont les intérêts se confondent aux besoins de la société.
Avant même d’être promulguée, la loi Sarkozy est censurée par l’opinion, qui n’a pas attendu un éventuel verdict du Conseil constitutionnel. Des millions de salariés et de jeunes ont battu le pavé à six reprises depuis le 7 septembre et ils s’apprêtent à se faire entendre à nouveau ce jeudi, puis le samedi 6 novembre. Les stratèges de l’Élysée escomptaient que le vote du Parlement aurait un effet démobilisateur sur le mouvement social, et ils se préparaient déjà à fustiger « l’illégitimité » d’actions contre une décision faisant désormais force de loi. Qui peut accorder quelque crédit à un texte voté à l’issue d’un coup de force, à une réforme remettant en cause l’un des fondements du système social sans que jamais les syndicats n’aient été conviés à la moindre négociation ?
Mis à jour (Jeudi, 04 Novembre 2010 07:34)















